::: PROJETS :::

LA MÉMOIRE DU LIEU

Le projet s’est amorcé lors d’une résidence d’artiste au Parc national du Bic en septembre 2021 où je demandais aux visiteurs de décrire leur expérience de l’endroit. Chaque témoignage était enregistré. Telle une sorte d’écho, ces bandes sonores me permettaient d’explorer le territoire à travers l’anecdote personnelle. C’est ainsi que j’ai pu apprendre le Bic. Utilisant comme matière première un bruit, une odeur ou une caractéristique géographique propre au parc, une série de dessins au graphite et à l’acrylique est née.

Comme dans plusieurs de mes réalisations antérieures, ce projet prend sa source directement de la communauté où je me situe. Il interroge le spectateur et l’incite à prendre part au récit. Il se construit et se développe autour, et par les rencontres que je provoque avec ces inconnus.

Le paysage et la mémoire sont étroitement entremêlés. Je connais l’endroit. Je le dessine dans le but de reconstituer le paysage, de le penser différemment. De révéler ce qui est dissimulé. Débordement de lignes, accumulation de couleurs et de couches de papier, formats disproportionnés, abondance de sensations, La mémoire du lieu cherche à fabriquer une expérience pour se rapprocher de la nature.

Animée par l’idée d’approfondir cette recherche sur d’autres territoires le long des berges du fleuve Saint-Laurent, de nouveaux dessins, une série de photographies grand format (109 x 92 cm) et des collages se sont ajoutés au projet.

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EXTRAIT DE L’ENTREVUE AVEC ÉLISE (Montréal)
> Je me suis retrouvée sur une roche avec les phoques devant moi… ce moment où tu as l’impression d’être seule au monde, que tout le territoire t’appartient. C’est ce genre de moment-là que j’aime tant. C’est comme si la nature t’absorbes. Ça me connecte avec quelque chose qui est hors de la communication normale. C’est un rapport d’espace-temps. C’est peut-être dû parce que les sens sont tellement stimulés que j’arrive à un autre état de conscience qui est autre que juste ce que je dois faire ou ce que je suis. Ça m’amène à devenir un tout.

EXTRAIT DE L’ENTREVUE AVEC ISABELLE et FRANÇOIS (Lévis)
> On tourne la tête et la marée monte et tout devient différent. Il y a des jeux de lumière et de géologie.

Pour moi ce sont les bouffées d’air salin en même temps que les splash de mer, ça me donne un sentiment de liberté. De connexion avec la nature très intense. Parce que tout a l’air rude.

Une rudesse qui est adoucie par l’eau, par les longues plages. Ce qui est intéressant lorsque l’on se promène sur les plages, c’est que l’on voit des pierres qui viennent d’ailleurs. Il y a les pierres du Bic, mais aussi celles qui ont été amenées par les glaciers. Il y a de belles pierres arrondies qui se nichent dans le creux des argiles et des schistes du parc, et c’est tellement beau à voir.

De temps en temps à travers ces roches rudes et grises, il y a de petites fleurs de rien du tout, toutes mignonnes qui résistent à travers le vent. Je trouve ça émouvant, cette fragilité.

EXTRAIT DE L’ENTREVUE AVEC KARINE (Estrie)
> J’aime ça l’explorer à petite dose. C’est de la grande nature et souvent, on ne s’attarde pas à ce qui est plus proche, et ça peut être assez surprenant… Je marchais et le ciel et la mer étaient de la même couleur, les roches étaient dans les mêmes tons et il y avait de petites fleurs, de petites clochettes mauves qui ressortaient et que je n’aurais pas vu autrement, mais dans l’immensité de l’espace, tu es tenté d’aller vers l’horizon, mais en même temps, il y a toutes sortes de choses qui se passent dans un environnement qui est plus proche. Il faut simplement regarder.

EXTRAIT DE L’ENTREVUE AVEC NATHANAEL (Montréal)
> Profiter de l’air frais… des images qu’on est capable de voir… les animaux qui partagent le paysage avec nous… sans stress et sans presse.

EXTRAIT DE L’ENTREVUE AVEC GUY (Montréal)
> En venant ici, ce que j’ai remarqué sur la plage, c’est l’ardoise, très coupante. Ça m’a frappé. Autant le paysage est super réconfortant, autant l’ardoise était coupante. C’est fort et fragile en même temps à travers un paysage qui est probablement fragile aussi.

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MEDIUM :

Graphite, acrylique et crayons aquarelle sur papiers Mylar superposés

ANNÉE / YEAR

2021-2022-2023

FORMAT / SIZE

Dessins 1, 2, 3 et 4 : 61 x 91,5 cm
(24 x 36 po)
Dessins 5 et 6 : 37,5 x 48,25 cm
(14,75 x19 po)
Dessins 7 à 11 : 20 x 25,5 cm
(8 x 10 po)
Dessin 12 : 23 x 23 cm
(9 x 9 po)
Dessin 13 : 101 x 178 cm
(40 x 70 po)
Dessin 14 : détail 101 x 178 cm
(40 x 70 po)

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